La culture et les arts bientôt au cœur du programme scolaire

Nicolas Crousse (Le Soir le 24/01/2017)

Alda Greoli et Marie-Martine Schyns défendaient hier le « Parcours d’éducation culturelle et artistique »

C’était un peu la rentrée des classes (de janvier), ce lundi après-midi, pour les ministres de la Fédération Wallonie-Bruxelles Alda Greoli (Culture et Enfance) et Marie-Martine Schyns (Education). La petite salle de Bozar a rassemblé hier, autour des éminences, un peu plus de 300 représentants des mondes culturel et éducatif. Objectif de cette opération séduction, présentée dans un décor de classe par Jérôme Colin (RTBF) : défendre l’alliance culture-école. Greoli et Schyns étaient venues avec sous les bras deux de leurs chantiers respectifs, hérités de leur prédécesseur, Joëlle Milquet : « Bouger les lignes » et le « Pacte pour un enseignement d’excellence ».

Les deux chantiers viennent d’accoucher d’un bébé commun, destiné à assurer un accès de tous les élèves à l’art et à la culture : le « Peca », qui sera obligatoire tout au long du cursus scolaire de chaque élève. Lisez le « Parcours d’éducation culturelle et artistique ». Un Peca qui a été biberonné ce lundi par une douzaine de propositions, avec le concours de représentants des écoles, des académies, des arts, de la culture, de la recherche et de l’éducation.

Alda Greoli reconnaît les insuffisances du système actuel. « Traditionnellement, un enfant de trois ans entrant en première maternelle a l’instinct de foncer sur un dessin et des crayons, de chanter ou d’écouter des contes. D’emblée, l’art est présent dans sa vie. Or, plus il va grandir, plus l’enseignement va l’éloigner de ces racines artistiques. Ce n’est pas normal. »

Les intentions sont louables. Reste à voir l’atterrissage. Le Peca sera prochainement soumis à l’approbation des acteurs de la base, avant d’être proposé au gouvernement et au Parlement. Une fois ces caps franchis, les premières mesures pourraient entrer en vigueur dans les trois ans, estiment les ministres. Le Peca sera alors mis à l’épreuve du réel. Et débarquera dans de nombreuses écoles, d’abord maternelles, puis primaires et secondaires

Le Peca sera présent dans trois domaines : les connaissances (les savoirs formels, l’éducation culturelle et artistique, l’histoire de l’art…), le développement des pratiques individuelles et collectives dans différentes disciplines artistiques, et enfin la rencontre avec les artistes et les œuvres (via des résidences d’artistes, par exemple).

Marie-Martine Schyns a salué «  l’investissement d’enseignants du fondamental et du secondaire qui partagent leur enthousiasme en mettant en place des projets artistiques, parfois pluridisciplinaires. »

Alda Greoli a eu le mot de la fin, avec cette métaphore sur la nécessité d’injecter la culture dans toutes les matières scolaires : «  Si vous voulez un jour devenir architecte, il sera indispensable de réconcilier l’art et les mathématiques ».

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